Etat Social Actif

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Quand les enseignes arborent de nouveaux noms, c’est qu’il y a du changement dans l’air. Ainsi, depuis quelques années maintenant, on ne dit plus Orbem, mais Actiris. Outre l’enseigne, le décorum a changé. Sur de grandes affiches, dans les salles d’attente, des gens très souriants, des gens «actifs». Et le dispositif qui nous vise est dit «plan d’activation». En politique urbaine, on dit «revitaliser» un quartier, et par là, on le suppose mort ou moribond. En politique économique et sociale, on dit «activer» et par là, on suppose que ce qu’il s’agit d’activer est «passif».

Aujourd’hui, on «active» tout : les chômeurs, les allocations, les institutions, les régions, et on suppose par là que cet ensemble hétérogène est «passif».

«Activer» : ça flaire bon le mot d’ordre, le programme. Et ce programme à un nom : l’Etat Social Actif.

Notre cri face à ce programme est :
Abandon de ce qui nous soumet aux programmes par lesquels s’exerce la domination sociale…
Abandon des programmes qui pensent à notre place…
Abandon des langages programmés… L’abandon de la partition n’est pas le renoncement à l’écriture mais s’offrir à une écriture liée à l’aléa. À l’aléa du parcours réel.
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Qu’est-ce que ça veut dire d’être né dans une atmosphère où tout
le monde vous fait sentir que si vous ne vous débrouillez pas
extrêmement bien, vous serez de trop?

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